nov 16 2009

Les multiples vertus des figues de Barbarie

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© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com
Il est un fruit un peu déprécié chez nous. Surtout du côté du plus grand nombre depuis quelque temps. En tout cas, le commun des consommateurs en ignore les vertus exceptionnelles sur les plans sanitaire, médicinal, pharmaceutique, esthétique… C’est tout bonnement la figue de Barbarie, si plaisant que cela puisse paraître.

L’autre jour, de passage à Bouargoub, nous avons eu l’occasion d’en découvrir la valeur. Tout un festival était organisé sous son signe. Son plus grand mérite était de vous donner l’occasion de vous ressourcer dans votre patrimoine, en vous donnant à découvrir les origines de ce fruit sous nos cieux, son historique de par le monde, ses multiples vertus, sa rentabilité pour les petits et moyens agriculteurs…
Son évolution
de par le monde
et en Tunisie
Originaire du Mexique, ce fruit exotique a été importé par les Espagnols pour être disséminé par la suite un peu partout dans le monde. Il y a d’abord sa présence en Afrique du Nord. Elle correspond a priori au retour des Maures de l’Andalousie. Puis on a  mentionné sa présence en Afrique du Sud, en Inde, en Chine.
Généralement classée parmi les fruits exotiques, la figue de Barbarie pousse surtout en Afrique, mais aussi dans tout le bassin méditerranéen, jusque dans le midi de la France.
En Tunisie, la plante est introduite au début du XVIe siècle. Elle couvre actuellement 500.000 ha.
Surnommé «le dromadaire du monde végétal», le cactus a des caractéristiques phrénologiques, physiologiques et structurelles lui permettant de s’adapter favorablement aux environnements arides et semi-arides. C’est une plante extrêmement généreuse et qui se contente de peu pour vivre et pour produire. Elle pousse surtout dans les moyens plateaux de Kasserine et du Nord-Ouest, les plaines et les vallées du Cap Bon et du Kairouanais. Mais, c’est dans la région de Thala et plus précisément à Zelfène, où elle couvre quelque 16.000 ha, qu’elle s’épanouit le mieux.
Du comestible
à l’anti-âge
Au niveau de la production, le parcours du figuier de Barbarie est simple. Il fait pousser de belles fleurs jaunes qui céderont la place, en juillet-août, à des fruits ovoïdes qui donnent une pulpe juteuse, parfumée avec un arôme floral subtil, rafraîchissante et remplie de petites graines noires comestibles. Elle possède une saveur douce et délicatement sucrée.
Quant à la richesse du fruit, elle est multiple. Il est d’abord comestible et se mange en salade ou en dessert. Il est riche en vitamine C, il contient de l’albumine, du sucre incristallisable, du mucibage (substance végétale de nature visqueuse, coagulable en gelée par l’alcool), un extrait d’alcool (la tequila). Du reste, il est transformable.
On parle donc en milieu connaisseur des mille et une vertus des figues de Barbarie : régulateur de glycémie, anti-obésité, anti-cholestérol, anti-âge, diurétique, action cicatrisante…
C’est qu’on extrait de ce fruit un ensemble de produits. D’abord, il y a l’huile essentielle de figue de Barbarie. Elle est extraite des pépins de ce fruit.
C’est une huile riche en acides gras essentiels (AGE) dont les substances sont précieuses car elles aident à lutter contre le dessèchement cutané, à améliorer l’hydratation, à ralentir le processus de vieillissement de la peau et à prévenir la formation des rides (en freinant le vieillissement des cellules et en stimulant leur renouvellement, en diminuant la profondeur des rides ainsi que leur nombre, en réduisant les poches sous les yeux, en effaçant les cernes, en hydratant les couches supérieures de l’épiderme, en rendant la peau lisse et soyeuse).
L’or vert.
Décidément, quand on se penche sur les vertus de la figue de Barbarie que l’on n’a jamais connues jusque-là, l’on reste pantois, tellement elles sont surprenantes. A partir de la confiture qu’on produit à base de ce fruit jusqu’au rouge carmin puisé dans son environnement immédiat, il y a tout un ensemble de produits : la poudre de nopal, la farine de graine d’opuntia, les fleurs séchées en tant que produit pharmaceutique…
Les énumérer et les expliquer serait trop long ici. Nous nous contenterons de parler du rouge carmin. Au milieu du XVIe siècle, les Européens découvraient une poudre rouge qui n’est autre que le rouge carmin, produit à partir d’une cochenille parasite du cactus, qui est un colorant naturel fortement prisé et dont le prix s’approchait de celui de l’or.
C’est un peu tout cela, ce fruit quelconque et autre chose encore, vous dira le festival de Bouargoub.

Article de Mohamed AYED paru dans le journal La Presse

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