oct 15 2007

Le chantier de la Cité de la Culture

Published by at 16:41 under Architecture,Grands chantiers


© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Le plus grand complexe de production et d’animation culturelle du pays ouvrira ses portes en 2009 à Tunis.
« Vaisseau amiral », « fleuron », « projet pharaonique » « Beaubourg de Tunis »… Au sein même du ministère tunisien de la Culture, les superlatifs ne manquent pas pour qualifier la future Cité, dont la construction a repris au cœur de la capitale. Une chose est sûre, ce mégaprojet, dont les travaux s’achèveront en 2009, sera le plus grand espace de production et d’animation culturelle du pays. En outre, il comptera comme le troisième lieu culturel d’envergure dans le monde arabe, après l’Opéra du Caire et celui de Damas. « Et tout cela sans pétrole ! » fait remarquer avec fierté l’un des responsables du projet.

… La Cité dispose de 9 hectares au cœur de la capitale, le long de l’avenue Mohammed-V. Le bâtiment, dont le chantier est confié au ministère de l’Équipement, est piloté par l’architecte Riyadh Bahri. Il s’étalera sur 50 000 m2 et sera doté d’une tour de 60 mètres. Il abritera un opéra de 1 800 sièges, une scène de 800 places, un théâtre expérimental pour 300 spectateurs, deux salles de cinéma, une galerie d’art moderne, une médiathèque, un complexe commercial librairie-vidéothèque, des espaces de vie, de loisir et de restauration. Un Palais des congrès, des salles pour séminaires et colloques seront aménagés à l’intention des collectivités et des associations. Cette première tranche sera terminée en 2009. La seconde concernera le « grand musée des Civilisations », un espace de 20 000 m2 supplémentaires réservé aux pièces du patrimoine national ainsi qu’aux grandes expositions archéologiques venues d’ailleurs.

Tous ces atouts rendent confiant le ministre de la Culture, Mohamed el-Aziz Ben Achour, pour qui ce projet est : « La mise en œuvre d’une culture pour tous encourageant la création et accompagnant la mondialisation. » « Avec ce nouvel espace, la culture en Tunisie va bondir vers d’autres horizons. Et passer au stade supérieur du professionnalisme », renchérit le directeur de la programmation, Raja Farhat. Intellectuel brillant et communicateur hors pair, l’homme n’est jamais à court d’idées. Mais il joue gros.

« Ce sera la cité des gens de culture, clame le ministre Ben Achour. Son objectif est d’assurer l’épanouissement de la création tunisienne. » En projetant d’accueillir toutes les manifestations nationales ou de servir d’adresse pour le festival de Carthage ou les JCC [Journées cinématographiques de Carthage] », la Cité compte « servir, grâce à un système de location et de cahier de charges, d’infrastructure destinée aux artistes qui ne disposent pas d’espaces propres », assure Farhat.

Reste la grande inconnue : le public… « Il faut renouveler le public, miser sur d’autres générations, réplique le directeur de la programmation. En Tunisie, nous ne sommes pas seulement unilingues et tournés vers un Orient mystique, comme le pensent les pessimistes. Les acteurs de la vie culturelle prépareront le jeune public à accueillir de nouvelles musiques. Toujours est-il que la ferveur et les moyens actuellement mis en œuvre pour créer la Cité de la culture, ainsi que l’obsession de ses responsables à voir les choses en grand – parfois contre toute logique administrative -, prouvent que le pouvoir local a pris conscience de l’enjeu culturel. Et semble bien déterminé à faire de la culture une option politique contre l’intégrisme. « La Cité sera un avant-poste contre l’obscurantisme et la décadence », déclare sans détour le ministre.

Lire la totalité de l’article paru dans Jeune Afrique
Par Fawzia Zouari pour Jeune Afrique

2 responses so far

2 Responses to “Le chantier de la Cité de la Culture”

  1. Anonymouson 17 oct 2007 at 11:50

    Une cité de la culture c’est bien encore faut il l’alimenter avec un vrai contenu culturel et du sang neuf en laissant la place à la diversité des talents et des opinions.
    Et c’est là que le plus gros challenge demeure sinon cete cité risque de ressembler à un desert culturel.

  2. Nicolason 17 oct 2007 at 12:47

    Je suis de votre avis mais si vous avez lu l’article complet de jeune Afrique vous constaterez que la volonté du ministre de la culture et du Directeur de la Cité de la Culture est de décelopper la culture tunisienne libre, créative et diversifié …
    C’est tout ce que l’on peut espérer, une reconnaissance des arts … et de tous les arts …

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