juil 31 2008

Scène de plage … En attendant le repas.

Published by at 20:28 under Environnement,Insolite,tourisme

Sur les plages de Tunisie

© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

La canicule sévit, elle nous étouffe, nous ne respirons plus. La chaleur d’aoussou (période allant du 25 juillet au 2 septembre) est réputée la plus dure de l’année. Dans la mémoire populaire, aghost est terrible, mais les meilleurs bains de mer, ce sont ceux qu’on prend en cette période, ils sont bénéfiques et pour le corps et pour l’esprit. Ainsi nous amorçons un retour salvateur à la mer. Comme nous le suggère un slogan bien de chez nous, nous n’allons pas «bronzer idiot», au contraire, nous continuons nos observations sur ce qui nous entoure. La plage est pleine de vie, une vie intense dans le cadre de ce que les spécialistes ont appelé la chaîne alimentaire marine. A la base, il y a le phytoplancton (végétal) qui sert de nourriture au zooplancton (animal) et la chaîne continue. Le zooplancton est à son tour dévoré par beaucoup d’autres habitants du milieu marin dont certaines espèces appelées mollusques à cause de leur corps qui est mou et sans vertèbres. Nos rivages pullulent de ces invertébrés dont un nombre important de bivalves que nous avons commencé à élever de surcroît pour satisfaire le plaisir de les déguster par des gourmets de plus en plus nombreux de par le monde.
Si l’eau de mer est trop chargée de sel, la nôtre l’est encore plus, vu la chaleur qui règne et l’évaporation qui s’ensuit, cela procure à nos fruits de mer un goût exquis.
Nos eaux de l’extrême Sud abritent les espèces les plus délicieuses au monde. Les praires de Boughrara, à la coquille épaisse et strillée en profondeur, sont d’une grande renommée, la clovisse, la proche cousine des praires, dont les stries sont plus fines. Si elles sont moins prestigieuses, elles sont néanmoins aussi savoureuses.
La moule à la coquille ovalaire et aux bords tranchants est d’une couleur d’une grande beauté. Elle est, en effet, bleu noir aux reflets violets, riche en iode, l’odeur caractéristique de la mer, elle est d’une grande finesse de goût.
Les autres mollusques bivalves sont très nombreux, nous avons la coquille Saint Jacques, une des plus volumineuses, elle peut atteindre 15cm, elle est plutôt rare, ou mal exploitée chez nous, puis toutes les autres petites espèces, comme les haricots de mer que nous appelons Loubya, ce sont les olives de nos amis français, les couteaux ce sont des mollusques à coquilles longs et minces ressemblant à des couteaux.
Dans les mollusques les plus prisés depuis l’Antiquité, nous élevons les huîtres, coquillages plats, rugueux et irrégulièrement arrondis, ils sont d’une saveur paradisiaque.
Enfin, nous ramassons toute l’année le bigorneau, plus humble et à la portée de tous, seules les fines bouches savent apprécier son goût iodé.
Tous ces animaux à chair appétissante sont à consommer dans quelques jours au mois de septembre, les fins connaisseurs nous conseillent de ne les déguster que durant les mois en «r», nous les croyons et leur disons Amen.

Texte de Abderrazek EL FEKI extrait de la presse

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