jan 18 2008

Forgeron, métier d’art

Published by at 11:56 under tourisme


© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

« J’ai encore en mémoire, cette frayeur qui s’emparait de moi quand, pour me rendre à un cours d’instruction religieuse, j’étais obligée de traverser la « rue des forgerons ». Je ne sais pourquoi on l’appelait rue, c’était plutôt une place qui s’étalait de toute sa surface carrée sous un ciel intense. De petites forges étaient alignées sagement sur ses flancs. Les forgerons travaillaient à l’extérieur sur le pas de leur porte. Debout devant son enclume, le forgeron battait à coups de marteau le fer rougi dans la forge. C’était un véritable tintamarre ! Des gerbes d’étincelles jaillissaient à chaque coup de marteau, se mêlant aux rayons d’un soleil de plomb.
Pour moi, c’était chaque fois l’insupportable traversée de la fournaise. Et, puis ces braves gorgerons ma faisaient peur et peine à la fois. C’étaient des êtres herculéens, dignes d’un tableau de Vélasquez. Le torse nu , les jambes nues, déjà sombres de peau, rendus tout à fait noirs par la poussière de charbon, ruisselants de sueur. Les passants allaient, venaient, les forgerons battaient toujours le fer, façonnaient de gros ouvrages inusables, ferraient des chevaux. Depuis quand étaient ils là ces braves gens ? Depuis toujours sans doute ! »

Had HANNA, Dans tes ruines, Neapolis, Paris, La Pensée universelle, 1980 [réédité en 1991], 195 p.

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