déc 13 2007

Tourisme : la triste réalité des chiffres…

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© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Alors que depuis quelques semaines les institutions officielles du tourisme nous assomment de chiffres plus que flatteur sur le « très état du tourisme en Tunisie », avec  » du le 1er janvier au 30 novembre 2007, la Tunisie a enregistré 6.428.000 entrées contre 6.235.000 en 2006, soit une évolution de 3,1%. Les Européens occupent la 1ère position avec une évolution de 2,5%, suivis des Maghrébins (+3,7%). » Et  » En termes de chiffre d’affaires et de nuitées, la destination enregistre une évolution respective de 8,3% et 1,8%. Ce qui reste en deçà des attentes et ne répond toujours pas aux objectifs de compétitivité et de rentabilité. »

Les quatre vérités d’un secteur au bord de la sinistrose ! par : Fitch
Alors que les chiffres, officiels, ne cessent de mettre en valeur la bonne santé du secteur du tourisme et de montrer ses chiffres toujours à la hausse, un rapport publié hier par l’agence de notation Fitch met en exergue la grande fragilité d’un secteur, hué dernièrement par tout le monde, à cause notamment de la politique de bradage de prix qu’il pratique. Tel que présenté officiellement en effet, le bilan global de l’industrie tunisienne du tourisme semble positif avec un nombre de visiteurs qui a atteint un record de 6,5 millions de touristes en 2006 et celui des nuitées qui se redresse depuis 2004, et surtout les recettes en devises qui ont atteint des niveaux sans précédent. Des chiffres que les communiqués de la BCT mettent chaque mois en exergue.
Dans ce rapport consacré au tourisme tunisien, Fitch insiste sur les problèmes structurels du tourisme tunisien qui sont «la surcapacité hôtelière sur le littoral, la faible diversification du produit touristique, un pouvoir de négociation des prix de vente défavorable aux opérateurs, l’étroitesse de la stratégie marketing et l’endettement élevé des entreprises hôtelières, [et qui] constituent autant de freins à une relance de la croissance du secteur et l’amélioration de sa rentabilité».
Fitch remet aussi en question le «bilan de prime abord positif du tourisme tunisien » qui se fait officiellement, et met en exergue des problèmes réels et qu’on cache aussi officiellement. Des problèmes, notamment à travers des «indicateurs tels que la réduction de la durée moyenne de séjour des touristes au cours de la période 2002-2006, la baisse des taux d’occupation et les progrès à peine perceptibles enregistrés en termes de revenus par touriste». Fitch affirme à ce sujet, que «ces chiffres masquent d’autres réalités: une durée moyenne de séjour des touristes, pour la période 2000-2006, qui chute de 6,6 à 5,2 jours; des taux d’occupation qui passent de 50,6% à 43,5%; et une augmentation à peine perceptible des recettes unitaires par touriste, passant de 414 DT à 431 DT».

Et l’agence de notation d’enfoncer un peu plus le clou de la vérité et de dire tout haut ce que tous les responsables du secteur touristiques disent tout bas ou cachent même, que «la faible augmentation (+4%) des recettes unitaires par touriste, exprimées en monnaie locale, masque l’impact positif de la dépréciation du dinar de presque 32% par rapport à l’euro depuis 2000. En termes réels, les recettes par touriste auraient chuté en dessous des 400 DT mettant en évidence une baisse notable au cours des dernières années. Entre 2000 et 2005, la Tunisie a perdu 5,3% de sa part du marché régional, alors que la part de la Turquie a augmenté de 9,9%. En outre, les recettes par touriste en Tunisie sont les plus basses parmi ses concurrents méditerranéens, reflétant l’image de destination à bas prix du pays».
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