Archive for the 'archéologie' Category

jan 12 2008

Les Ribats de Monastir


© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Au haut Moyen âge, la ville de Monastir était dotée d’une série de ribats. Outre le Ribat original, al Kasr-al Kabir (érigé en 180 de l’hégire=796 de l’ère chrétienne), considéré comme la plus ancienne des fortifications arabe en ifriqiya, les historiens parlent d’autres ribats (ajoutés dans les siècles suivants) qu’ils appellent communément kusur al Mounastir. C’est ainsi qu’al-Mukaddasi parle de cinq kasrs entourés par une muraille, al-Bakri qui écrivait au Ve/XIe siècle, mentionne cinq maharis dans le voisinage du ribat principal. Plus tard, des maisons et des terres furent attribuées en hubus(wakf) aux murabits. Le service dans le ribat de Monastir finit par acquérir la réputation d’un acte très méritoire, comme l’illustrent des hadiths qui firent du ribat de Monastir le plus vénéré du Maghrib. Cette vénération était due moins à ses qualités militaires qu’à cette réputation religieuse qui en fit l’habitat de pieux anachorètes. Monastir devint ainsi un lieu de sépulture favori. C’est ainsi que les derniers membres de la dynastie ziride furent inhumés au cimetière proche du ribat. Mais le mausolée le plus vénéré était celui de l’imam malikite al Mazari né en Sicile et très écouté plus tard à Mahdia. Son tombeau finit par assurer la permanence du rôle religieux et de la réputation du ribat et de la ville de Monastir. ce ribat a été agrandi au cours des siècles. Il présente encore sa façade imposante avec des murailles crénelées dominant le littoral. Al Bakri le décrivait ainsi: “Une citadelle haute et solide, avec au centre, une cour rectangulaire entourée par deux étages de cellules; l’étage supérieur du côté Sud abritait une mosquée, un cheikh y résidait en permanence dirigeait une communauté de saints et d’anachorètes qui avaient abandonné ce monde pour se consacrer au service du ribat”. Le ribat comporte en outre des chambres et des cellules, des moulins et des citernes. De ce ribat original, seule la tour ronde de guet le nadhour, située dans l’angle Sud-est, et les vestiges de l’ancienne muraille et le côté méridional avec la mosquée à l’étage supérieur (actuellement converti en musée) sont conservés. Le monument fut agrandi, au IXe siècle. Il comporte désormais un autre bâtiment. Quant à la citadelle, elle fut remaniée en lui ajoutant une enceinte avec des tours quadrangulaires. La renommée religieuse de Monastir et de ses murabits subsista au cours des siècles suivants. Les chevaliers de Malte Lanfreducci et Bosio écrivent, dans leur rapport de 1587, que les pirates turcs visitaient régulièrement Monastir par dévotion pour ses murabits. Après les additions architecturales des Hafsides, les Turcs modifièrent les murailles du ribat en vue d’y installer de l’artillerie dont les plates formes sont des fondations du bey husseinite Ali Pacha (XVIIIe siècle). Au côté du grand ribat les historiens mentionnent la présence d’autres ksours:dont kasr ibn al jaad (sur l’îlot de Sidi Ghdamsi), Kasr Duwayd (à Khnis) et le kasr de Skanès.
Article extrait du site Medina Portal

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déc 30 2007

Bijoux de Tunisie … bracelet ciselé

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Bracelet en argent ciselé – Salle des bijoux tunisiens
Musée Lalla HadriaParc Djerba Explore

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déc 21 2007

Noces

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Mosaïque des Noces de Neptune et Amymoné.
Amymoné est l’une des cinquantes danaïdes, nymphe des eaux et l’une des nombreuses amantes du dieu de la mer. Ce tableau apprtient à une grande mosaïque du frigidarium des thermes de Sidi Ghrib. Datable du début du Vème siècle après J.C., cette oeuvre ne se rattache pas moins au courant classique. Musée archéologique de Carthage.

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déc 07 2007

Le site archéologique de Sbéitla


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Le site antique de Sbeitla s’étend sur plus de 50 ha et comprend un grand nombre de monuments éparpillés sur tout le site, la visite complète est longue mais agréable à condition de ne pas la faire en plein été, il y fait alors extrêmement chaud et le soleil y est redoutable, privilégiez alors une visite matinale ou en fin d’après-midi.
Le site a été revalorisé grâce à deux grandes campagnes de fouille qui ont eu lieu au 20ème siècle (1906 à 1922 et 1954 à 1966).
En entrant sur le site allez à droite voir l’arc de Dioclétien, qui marque l’entrée sud de la ville depuis la fin du 3ème siècle, remontez ensuite la voie romaine, vous passerez alors devant l’entrée et découvrirez juste après un ensemble de maisons romaines fortifiées par les byzantins. Ces fortins ne possèdent aucune porte au niveau de la rue, il faut utiliser l’escalier adossé à la façade pour accéder au niveau supérieur et découvrir alors une maison à la typologie et à l’ornementation romaine. Remontez légèrement et visitez à gauche les petits thermes qui ont conservé un bassin avec son pavement de mosaïque et ensuite au milieu de la rue l’huilerie accolée à l’église des Saints Gervais, Protais et Tryphon. Prenez ensuite à droite pour rejoindre l’ensemble monumental du forum et de ses trois temples. La conservation y est exceptionnelle, le forum enfermé dans une enceinte imposante s’ouvre à vous par une porte monumentale à trois baie, la porte d’Antonin. Une fois la porte passée vous vous retrouvez au milieu du forum, vaste place de 60 m par 70, datant du 2ème siècle et fermée sur ses trois côtés d’une série de boutique et d’un portique à colonnade. Mais ce qui attire l’œil ici c’est ce majestueux ensemble de trois temples consacrés à la triade capitoline (Jupiter, Junon et Minerve).
Habituellement un seul sanctuaire réuni cette triade à l’exception de Sbéitla et de Belo en Espagne, les trois temples sont séparés et l’accès se faisait par les deux situés aux extrémités et reliés au temple centrale par des arcs servant de passerelles. L’ensemble a connu une grande restauration, réaménagement de la place et d’un grand nombre de colonnes et restauration de la façade du temple de gauche. Empruntez l’un des passages situés entre les temples et rejoignez l’arrière du forum engagez alors à droite sur la voie romaine qui vous mènera vers une bel ensemble d’églises chrétiennes, celle de Bellator et celle de Vitalis ainsi que la chapelle de Jucundus qui les sépare. La plus importante est celle de Vitalis, la plus récemment construite, elle comporte cinq nefs pavées de mosaïques et deux absides opposées. Derrière l’abside principale, celle située au sud-ouest, se trouve un petit baptistère avec une cuve baptismale conservée de forme oblongue couverte de mosaïques.
Les plus courageux pourront s’aventurer vers le nord-ouest afin de découvrir une fontaine publique ainsi que quelques églises dont l’édifice des Saisons, puis au nord est le pont aqueduc qui traverse l’oued. En revenant, retraversez le forum et continuez tout droit vers l’Eglise de Servus et les Grands thermes publics. Ce denier monument, très vaste (environ 100 m par 50) et datant du 3ème siècle, forme un ensemble remarquable composé de deux séries de salles chaudes et froides et une très belle palestre à double colonnade. Juste derrière se trouve le théâtre aménagé en bordure de l’oued, malheureusement très abîmé il a été l’objet d’une grande restauration, gradins et une partie de la scène et de son mur.

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nov 25 2007

Vase hispano-mauresque


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Parmi la très riche collection du Musée Lalla Hadria au Parc Djerba Explore, je vous présente aujourd’hui ce grand vase de type hispano mauresque, provenant d’un atelier de Nabeul et datant de la première moitié du 20ème siècle. Si la fomre est bien d’inspiration andalouse et hispano-mauresque, les anses sont ornées de la feuille « saz » empruntée au répertoire ottoman.

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nov 21 2007

Aqueduc de Zaghouan à Carthage

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Construit sous Hadrien (120 à 131), cet aqueduc avait pour fonction de distribuer et d’alimenter en eau la ville romaine de Carthage. Cette eau captée au pied du Jebel Zaghouan parcourait plus de 123 kms à travers une canalisation qui alternée entre sections enterrées, découvertes et aériennes afin de respecter un dénivelé constant de 0,29%, nécessaire à un débit régulier de 370 l par seconde. Cet édifice grandiose et d’une ingéniosité rare s’impose à nous dans toute sa splendeur architecturale sur quelques kilomètres et nous conduit vers le site de Oudna (Uthina).

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oct 30 2007

Le pain tabouna


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Voici une terre cuite punique, provenant du musée de Carthage que j’apprécie particulièrement. Cette figurine reproduit une scène de cuisson dans un four à pain domestique (tabouna) façonné avec de l’argile séchée. Une femme est en train de placer une galette contre la paroi intérieure du four préalablement chauffé, sous le regard intéressé d’un enfant. Cette scène quotidienne datant de plus de 2500 ans (VIème siècle avant JC) est toujours d’actualité. Ces fours sont toujours présents dans les maisons ou sur les routes de Tunisie.

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oct 18 2007

Trésors du patrimoine Tunisien (1)

Vénus sortant d’un coquillage.


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Généralement représentée lors de sa toilette ou de son triomphe, Vénus est ici entièrement nue et évoluant somptueusement dans un immense coquillage au dessous duquel s’ébattent deux dauphins. Provenance Maison Africa, El Djem, seconde moitiè du IIème siècle, mosaïque romaine, musée archéologique de El Djem.

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oct 03 2007

Le site archéologique de Thuburbo Majus

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Ville provinciale, elle vit, depuis l’époque romaine sous la protection de Carthage puis de Tunis, grâce à une agriculture riche et diversifiée. D’une origine berbère incertaine, elle va prendre de l’ampleur au 2ème siècle de notre ère grâce à Hadrien qui l’érige au rang de municipe (128) puis de colonie (188).

Elle se couvrit alors de monuments aujourd’hui en bon état de conservation. La visite du site commence par l’arrière du capitole et de son forum. Le capitole est un des plus vastes d’Afrique, il est posé sur un podium supportant aujourd’hui les quelques colonnes restantes, et comprenant un sous-sol à salles voûtées aux fonctions encore incertaines. Le capitole domine la vaste place du forum (49m de côté) autrefois dallé et fermé sur ses trois côtés d’un portique aux chapiteaux corinthiens.

Deux temples, dont un circulaire, le temple de Mercure, étaient accolés au forum. Après avoir traversé le marché rejoignez l’étonnant édifice de la Palestre des Petronii accolé aux thermes d’été, il s’agissait ici d’un gymnase où les gens venaient se divertir avant d’aller aux bains. La ville comptait deux thermes publics, ceux d’été et d’hiver, assez bien conservés à ce jour. Le haut de la ville est aussi remarquable pour ses temples et églises chrétiennes (temples transformés) notamment celui de la Baalat, petit sanctuaire tétrastyle érigé au 2ème siècle au coeur d’une cour polygonale bordée d’un portique. Vous découvrirez un peu plus loin, enfoui dans une butte de terre les quelques restes de l’amphithéâtre de la ville partiellement fouillé.

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sept 21 2007

Les maisons souterraines romaines


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Trop souvent oublié des circuits touristiques, le site antique de Bulla Regia est tout à fait particulier et renferme des trèsors cachés uniques dans le monde romain. Implanté sur le flanc du jebel Rebia (649m) le site assez vaste présente un ensemble de monuments dont les thermes et un théâtre bien conservés. Mais la beauté de ce site réside dans ses sous-sols. Fait unique dans l’antiquité, les habitants, à l’époque du bas empire romain, construirent d’étonnantes demeures bourgeoises sur deux niveaux, dont un souterrain, le climat et les spéculations foncières en furent les principales raisons.

La maison de la chasse est la plus intéressante du quartier d’habitation. Cette demeure somptueuse appartenait à un riche propriétaire terrien, le rez de chaussée, bien que très en ruine, présente une typologie classique de demeures romaines agencées autour d’un patio en colonnades d’où s’ouvrent les différentes pièces et espaces communs. Mais le patio est ici ouvert vers un sous sol majestueux, accessible par un escalier et qui à l’instar du rez de chaussée s’organise autour d’une cour à péristyle raffinée. Chambres et salle à manger d’apparat s’ouvrent sur cet espace à ciel ouvert.

Au nord de cet ilot d’habitation se trouve une maison isolée, celle d’Amphitrite, de loin la plus belle et la mieux conservée du site, elle ne présente guère d’intérêt au rez de chaussée mais ses sous-sols sont exceptionnels. Un petit escalier mène à un couloir principal d’où s’ouvrent quelques pièces. Son sol a conservé un exceptionnel pavement de mosaïques de styles géométriques pour les chambres et pièces communes et à scènes mythologiques dans la salle d’apparat. La magnifique mosaïque qui couvre cette salle à manger représente Vénus chevauchant un centaure marin en compagnie de son époux Neptune. La maison est exceptionnelle et nous replonge dans les fastes et les splendeurs romaines.

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sept 07 2007

Le site archéologique romain de Dougga

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C’est la ville antique de Dougga qui se présente à vous telle qu’elle était à la fin de l’époque romaine, la ville romaine est adossée à flanc de collines au milieu d’oliviers et de champs de blé. Le cité antique qui s’étend sur plus de 25 ha est vierge de toutes constructions depuis l’époque byzantine et vous invite à flâner à travers ses ruelles pavées à la découverte de quelques uns des plus beaux monuments de l’art romain.

Occupé dès la préhistoire, le site, aux terres fertiles et aux nombreuses sources, attira les hommes. Sa première véritable installation aurait une double origine, libyque et punique, la ville aurait alors prit une certaine importance dès le 4ème siècle avant JC. Le soutien des rois numides, notamment Massinissa, à Rome lors de la seconde guerre punique favorisera le développement de cette cité mais César, après sa victoire sur Pompée en 46 avt JC soutenu par Juba 1er, roi des numides, va conquérir les territoires numides et annexer la ville rebaptisée Thugga. Des citoyens romains vinrent s’installèrent, deux communautès vécurent alors en parallèles. Thugga accéda en 205 au rang de municipe puis de colonie romaine en 261 donnant ainsi le titre de citoyens romains à tous ses habitants.

La ville s’enrichit grâce à l’agriculture et au commerce et s’embellit rapidement de monuments grandioses édifiés par les riches propriétaires de la ville. Amphithéâtre, théâtre, grands thermes et temples furent érigés, la ville prit très vite une allure de cité romaine bourgeoise. Le christianisme fit son apparition au 3ème siècle et le déclin progressive de la ville au 5ème la protégea des invasions Vandales. Au 6ème siècle, les byzantins reprirent la main sur la cité et édifièrent à l’emplacement du forum et du capitole une imposante forteresse. La ville ne subit pas de nouvelles invasions, seuls quelques agricultures occupèrent durant les siècles qui suivirent le site, le protégeant ainsi des pillages et d’un effondrement complet. A la fin du 19ème siècle les français mirent la main sur le site, ils construisirent alors la Nouvelle Dougga afin de reloger les habitants qui occupaient les ruines et entreprirent d’importantes fouilles et restaurations. Le site est aujourd’hui un haut lieu culturel et archéologique du pays qui a livré de remarquables mosaiques exposées au musée du Bardo et présente un éventail complet de monuments publics et privés d’époque romaine.

L’accès au site peut s’effectuer depuis la route de la Nouvelle Dougga ou depuis la route venant de Téboursouk, nous privilégions la première qui offre un panorama complet sur le site. La visite complète nécessite une bonne demi-journée, mais le cœur de la cité peut être visité en deux bonnes heures. Nous vous recommandons de rejoindre le forum, cette vaste place est dominée par le capitole, une place semi circulaire complète cet ensemble majestueux. Un peu en avant et en contre bas le marché a gardé sa structure initiale, redescendez ensuite vers les grands thermes Liciniens, les maisons du Trifolium et le mausolée libyco-punique. A gauche du forum, après l’arc d’Alexandre Sévère rejoignez le très beau Temple de Caelestis. La voie romaine partant à droite du forum mène au théâtre presque intacte puis à la basilique et aux temples situés plein nord.
La qualité de conservation de ces monuments reste quasi unique, la ville vous donne un aperçu remarquable des cités romaines de l’empire.


Plus de Photos sur Dougga

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