Archive for the 'patrimoine' Category

fév 14 2010

Le Tapis de Kairouan

© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Une production à la baisse
Dans le gouvernorat de Kairouan, le travail du tapis demeure la plus grande activité artisanale exclusivement féminine. D’ailleurs, on dénombre dans la région 25.000 artisanes.
C’est également un art qui puise dans le patrimoine du tapis turc avec pour décoration des formes géométriques illustrant les liens existants entre l’architecture islamique et le tissage traditionnel.
Durant les dix dernières années, l’ONA a encouragé les artisanes à produire davantage de nouvelles créations inspirées du patrimoine tunisien répondant à l’évolution des goûts de la clientèle et de la mode.
Par ailleurs, le gouvernorat de Kairouan produit annuellement une moyenne de 50.000 m2 de tapis et de tissage, soit 20% de la production nationale.
Néanmoins, on a constaté depuis cinq ans une diminution de la production due à l’exploitation des artisanes par des intermédiaires voraces, au prix de plus en plus cher de la matière première, au prix prohibitif du tapis et au nombre élevé de marginaux qui ne font que harceler les touristes pour aller vers tel ou tel magasin.
Pour plusieurs artisanes dont Mme Leïla Selmi, spécialisée dans le tissage à Al Ala, leur vœu est qu’elles puissent se retrouver au niveau de la formation, de la qualité de la production afin que leurs tapis et mergoums trouvent leur place au niveau de la commercialisation aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger, et ce, à travers des campagnes promotionnelles et publicitaires. Cela sans oublier la nécessité de revoir la couverture sociale des artisanes, d’encourager les producteurs à créer davantage de points de vente, de contrôler la qualité des matières premières, des opérations de teinture et de filage selon un cahier des charges, de réorganiser le souk des tapis «Errabaâ» envahi par les intrus.
Par ailleurs, il serait souhaitable d’améliorer la qualité d’encadrement des artisanes afin qu’elles améliorent leur production et qu’elles passent de la texture 20 x 20 à celle de 30 x 30.
Notons dans ce contexte que du mois de janvier à octobre 2009, la région de Kairouan a produit 33.714 m2 de tapis contre 43.725 m2 pour la même période en 2008, soit une diminution de 22%. Et le prix du m2 de tapis en 2009 a varié de 50 à 80 D, celui du mergoum de 20 à 30 D. En 2008, le prix du m2 de tapis a varié de 70 à 75 D, celui du mergoum de 25 à 28D.
Article publié dans le journal la Presse écrit par Fatma ZAGHOUANI

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jan 11 2010

Le musée de Djerba et la problèmatique des musées en Tunisie

© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Une journée portes ouvertes a été organisée, la semaine passée à Houmet Souk, pour promouvoir et donner une meilleure visibilité au nouveau musée du Patrimoine traditionnel de Djerba (lire notre article du 26/12/2009). L’événement, intitulé «Patrimoine en fête», a été initié par l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, en collaboration avec le ministère du Tourisme et le gouvernorat de Médenine. Il a offert au public, dans une ambiance festive, l’opportunité de visiter gratuitement le musée pendant toute une  journée. Il a également permis d’ouvrir un débat utile et intéressant entre des responsables de l’agence, des cadres du ministère du Tourisme, le secrétaire général de la Fédération des agences de voyage et plusieurs journalistes tunisiens.
En fait, les questions évoquées lors de cette discussion, qui s’est déroulée dans la salle de conférences du musée, sont d’une brûlante actualité. Elles ont posé les problématiques suivantes : «Comment gérer un musée aujourd’hui ?». «Par quels moyens y attirer les visiteurs  ?». «Comment donner plus de flexibilité aux horaires des musées tunisiens ?». «Comment informer et communiquer autour d’un produit culturel ?». «Comment en faire de vrais espaces de culture et d’échange ?». «Quels outils de marketing pour les musées ?».
Mais revenons au cas particulier du musée de Djerba, qui, au fond, rejoint la situation des musées tunisiens en général.
Tout d’abord quelques constats. Au terme de deux années de travaux, le lieu a été inauguré en décembre 2009. Son coût : quatre millions et demi de dinars. Le musée fait partie du projet de valorisation du patrimoine culturel tunisien financé  par un prêt de la Banque mondiale. Dans un écrin sobre et inspiré de l’architecture traditionnelle locale, le bâtiment présente de magnifiques collections d’objets, tous racontant la vie du Djerbien, de sa naissance à sa mort, en passant par ses cérémonies de mariage, de fiançailles, ses rituels, sa vie active, son artisanat, sa cuisine…
D’un autre côté, l’île de Djerba, première destination touristique du pays, reçoit un million et demi de visiteurs par an. Une tranche de sa clientèle vient aussi pour découvrir la culture profonde de cette île étonnante par la diversité de ses communautés et richissime par la multiplicité de ses strates d’héritages. Le musée de Djerba affiche toutefois des chiffres dérisoires quant à l’évolution de sa fréquentation (300 à 400 visiteurs par mois). Paradoxalement, sa situation stratégique à Houmet Souk, à deux pas de la zone commerciale, lui donne un maximum de chances de visites…
Déficit 
de communication
Pour Hamadi Chérif, secrétaire général de la Fédération des agences de voyage, le musée reste handicapé par des horaires trop stricts : fermeture à 16 heures en hiver et 18 heures l’été. Alors qu’un peu plus loin, le musée de Guellala (établissement privé) arbore des horaires largement plus souples. D’où la raison de son succès auprès des agences de voyage, ainsi qu’auprès des guides et des taxistes pour les visiteurs en solo. «Comment motiver également les réceptionnistes des hôtels pour qu’ils deviennent des passeurs d’information par rapport au musée de Houmet Souk ?», s’est interrogé H. Chérif. 
Les lourdeurs administratives et l’absence d’autonomie financière des musées  seraient-elles également à la base du déficit de communication dont ils souffrent, nationaux soient-ils comme ceux du Bardo, de Carthage ou de Sousse; ou régionaux comme les musées de Mahdia et de Djerba ? Aucun ne possède un site propre monté selon les méthodes modernes de l’interactivité. Dans ces conditions, comment travailler sur l’animation du musée en programmant des événements de toutes sortes pour le brancher sur la vie et pour retenir et séduire les visiteurs (expositions temporaires, ateliers pour adultes et enfants, fêtes thématiques, séminaires) ? Comment générer des outils de marketing intelligents tels les produits dérivés, les objets culturels, les beaux livres ?  
Sous d’autres cieux, les temps semblent avoir bien changé. En France par exemple, si l’Etat n’impose pas encore aux musées d’être rentables, il leur demande de gagner plus d’argent par eux-mêmes, les incitant à une gestion qui se rapproche de celle des entreprises. Il les pousse à compter sur leurs recettes propres provenant de la billetterie, du mécénat, de la location d’espaces et de toutes ces concessions de boutiques, de restaurants et de librairies qui reversent au musée une redevance en fonction de leur chiffre d’affaires. Les frontières entre musées publics et musées privés s’estompent partout dans les pays occidentaux.
Le patrimoine comme moteur 
de l’économie.
Mohamed Essayem, commissaire régional au tourisme, propose : «Un ticket unique pour accéder aux trois musées de Djerba — deux privés et un public- ainsi qu’a tous ses sites augmenterait probablement les recettes des uns et des autres et permettrait de découvrir, lors d’une belle promenade, l’ensemble de l’île ce qui rehausserait son image de produit culturel enraciné dans l’histoire». 
Abdelhay Mzoughi, directeur général de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, reconnaît que les clients du tourisme culturel organisent autrement leurs voyages, se documentant beaucoup sur leur destination et recourant essentiellement à l’outil Internet pour cela. Il a annoncé que l’agence vient de confier à une boîte de communication spécialisée le projet d’informer les touristes par rapport aux sites tunisiens à visiter à partir des revues de voyage et de loisir mais aussi des avions, des aéroports, jusqu’à la ville et aux hôtels. «Tous les moyens offerts par les nouvelles technologies seront mis en œuvre pour faire connaître nos produits. Nous sommes en train de développer pour Dougga, Kairouan et Djerba des sites web interactifs où les touristes pourraient, dans un avenir prochain, profiter des multiples services en ligne : réservations, horaires des musées, tarifs d’accès aux monuments, articles des boutiques… A ce propos, nous tenons à ce que l’information historique et le message culturel soient exacts. Les textes seront rédigés par des scientifiques tout en restant accessibles pour le grand public». 
Abdelhay Mzoughi a également annoncé la prochaine tenue d’un séminaire organisé en collaboration avec l’Institut français de coopération sur les produits dérivés. 
D’un autre côté, les opérations «Patrimoine en fête» se poursuivront toute l’année 2010 dans plusieurs régions du pays pour informer le public, les médias et les professionnels du tourisme — guides, hôteliers, représentants des agences de voyage — de l’importance de ces lieux d’histoire, de culture et d’émotions que sont les musées. On l’oublie souvent: le patrimoine peut devenir un moteur de l’économie. Sa promotion est l’affaire de tous les intervenants de la ville. Le musée Guggenheim de Bilbao n’a-t-il pas relancé et mis à la mode toute cette région du pays basque auparavant tristement industrielle? Pourquoi donc la semaine passée à Houmet Souk avons-nous remarqué pendant le débat, l’absence de représentants de la municipalité et des trois associations qui s’occupent justement  de sauvegarde du patrimoine de Djerba ?

Article de 
Olfa BELHASSINE publié dans La Presse le dimanche 10 janvier 2010

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nov 17 2009

Visite au Kef

© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Une ville de plus en plus attractive Considéré comme un bastion de la culture en Tunisie, El Kef est devenu au cours des dernières années une ville de plus en plus gaie et accueillante grâce à tous ses sites très affriolants qui la rendent particulièrement attractive pendant la saison hivernale et font d’elle une vraie ville où il fait  désormais bon vivre.
Avec ses monuments prestigieux, ses sites naturels propres à couper le souffle et son legs historique remarquable, le tout conjugué à une infrastructure qui s’est modernisée à grands pas, El Kef est devenu   une véritable métropole régionale où environnement et développement font bon ménage.
Si l’éclat de la ville est, à lui seul, suffisant pour mettre en exergue la propreté des rues et des artères, l’extension urbaine et la création des parcs et des jardins ont achevé l’aspect sensationnel que provoquent tous les monuments qui semblent s’étager et dont certains, comme la Kasbah turque, autorisent à admirer inlassablement la beauté  du mont Eddir, là où les rochers s’élèvent interminablement dans tous les sens d’ailleurs.
El Kef, qui portait autrefois le nom de Sicca Veneria en hommage à Vénus, déesse de la beauté et de l’amour, a réussi à travers le temps à s’ériger comme une ville phare culturellement et stratégique sur d’autres plans, une vitrine de la modernité prônée par la Tunisie de l’ère nouvelle. Alors qu’au loin, le campus universitaire trône majestueusement dans la plaine de Boulifa comme un autre témoignage du statut culturel de la cité, les monuments archéologiques de la Médina, au demeurant très nombreux, renforcent l’autorité historique de la métropole et de son statut de ville ouverte, où les brassages culturels et religieux ont de surcroît imprégné l’esprit de la population.
Si les poètes romantiques s’accordent sur le fait qu’un seul être vous manque et tout est dépeuplé, El Kef, bien iodé dans tous ses éléments, ne peut nullement  se départir de ses monuments historiques et religieux, notamment la basilique romaine, le mausolée de Sidi Bou Makhlouf dont l’authenticité tient surtout de son originalité, la synagogue avec ses bibelots rustiques et ses manuscrits et autres coupures de presse, en passant encore par le musée des arts et traditions populaires qui a été érigé sur l’ancien site d’une zaouia (marabout) rahmania, du nom de la confrérie marocaine établie en Tunisie vers le début du XVIIIe siècle, et bien sûr les medersas et les autres écoles   coraniques qui font un ensemble archéologique remarquablement intégré au sein de l’élément urbain de la Médina.

Si les vieilles villes de la Tunisie ont toutes comme élément commun les souks, celle du Kef se distingue par son originalité, en ce qu’elle n’écume que les lieux de culture, même si quelques tisserands et autres joalliers se sont installés en petits nombres dans l’une de ses artères en pierres taillées qui, en la remontant, donne accès au sommet de cette Médina dont les ruelles sinueuses expliquent l’air convivial qui caractérise les rapports humains dans l’ancienne cité numide.
Avec ses jardins suspendus, ses reliefs démesurés, ses citadelles et tout l’ensemble verdoyant que l’on remarque dès le premier abord de la ville, El Kef est devenu une ville très attractive,  avec comme caractéristique   le charme discret et même apparent qu’offre aujourd’hui l’esthétique urbaine dans de nombreuses villes du pays.

Article paru dans le journal La Presse

Pour voir plus d’images sur le Le Kef: Le Kef en photo

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nov 13 2009

Préserver l’esprit de la Médina

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© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Médina de Tunis – Projet de réhabilitation et d’aménagement d’un parcours urbain

Riche de plusieurs siècles d’histoire, la Médina de Tunis recèle aujourd’hui encore de nombreux trésors. L’expérience et le savoir-faire de l’Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis et l’implication de la Municipalité de Tunis ont d’ailleurs permis de restaurer plusieurs de ces richesses et de mener à bien des opérations pour la préservation, la mise en valeur et la promotion de ce site historique, d’une grande valeur patrimoniale
C’est au circuit touristique de la Médina baptisé 
«De la mosquée Ezzitouna au mausolée Sidi Brahim Riahi» que la municipalité de Tunis a organisé une visite dédiée aux journalistes pour prendre connaissance de l’avancement des travaux réalisés dans le cadre du projet de  réhabilitation et d’aménagement de ce parcours urbain  dont la réalisation a été ordonnée par le Chef de l’Etat en mai 2007. Outre la sauvegarde du patrimoine architectural et urbanistique tunisien, l’aménagement de ce circuit touristique qui a débuté en juillet 2008, vise à attirer plus de touristes et à impulser davantage la vie culturelle dans la Médina de Tunis.
Long de 1000 mètres, ce parcours s’étale de la mosquée de la Zitouna, passant par Sidi Ben Arous, la rue du Pacha, rue El Hafsia, rue du  tribunal jusqu’à la rue Sidi Brahim.

Exalter les richesses d’un site unique
 
«La Médina dispose de trésors architectoniques qui ne doivent pas être dissimulés mais exaltés. Notre objectif est  d’exhumer toutes ces richesses. Nous dépoussiérons en quelque sorte la Médina pour lui rendre tout son charme et mettre en valeur ses trésors. Nous voulons en quelque sorte que ce merveilleux site puisse entretenir un dialogue continu avec son passé»  déclare M.Zoubeir Mouhli, architecte-urbaniste et membre de l’ASM ajoutant que «ce que recèle ce lieu unique est un véritable trésor nécessitant un travail minutieux. Il faut traiter au cas par cas chaque porte, chaque fenêtre et chaque façade. C’est un travail de longue haleine qui doit tenir en compte toutes les spécificités de la médina dans leurs infimes détails tout en respectant le style propre à chaque composante de ce site». Car, par son style architectural et son organisation spatiale typiques, cette cité représente un modèle accompli de la civilisation urbaine et que l’organisation internationale de l’UNESCO a élue au patrimoine culturel de l’humanité et dont la sauvegarde concerne désormais la communauté universelle.
C’est en parcourant ce circuit pilote de la Médina qu’on se rend compte de l’envergure des travaux. Ces derniers consistent entre autres en la restauration des façades, l’élimination des câbles muraux, la réinstallation  des réseaux d’évacuation des eaux pluviales, le bitumage du circuit, l’amélioration de l’éclairage public, l’embellissement des portes et des voûtes, la restauration des fenêtres, le réaménagement des hôtels de charme longeant ce parcours .
Outre ces nombreux travaux, certaines mesures ont été prises. Ainsi, la Médina va se parer d’espaces verts, de bougainvilliers et de jasmins dont l’entretien concernera les habitants.
Autre mesure prise dans ce sens, l’interdiction de la circulation des véhicules pour faciliter le mouvement des riverains et des visiteurs. A ce propos, les autorités municipales ont relevé que des voitures écologiques adaptées à ce lieu seront mises en place pour permettre le transport des résidents de la Médina, particulièrement les handicapés et les personnes âgées. Autant dire que les habitants de la médina seront amenés à mettre la main à la pâte pour sauvegarder ce magnifique site et participer à ce plan de travail sur trois niveaux : l’esthétique urbaine, la promotion culturelle, et la promotion du tourisme culturel. 
Pour comprendre l’ampleur significative de ces travaux, un film documentaire a été projeté à Dar Lasram, siège de l’ASM. L’occasion de montrer la Médina de Tunis avant et après les travaux. Autant dire qu’un travail considérable a été effectué conduisant à redonner à ce site tout son éclat et son authenticité. Finis les couleurs anarchiques, les réverbères défaillants, les câbles altérant la douceur des façades, les canalisations et filtrations visibles et autres éléments de nature à entraver le charme de ce site.
Soulignons que 10 souks  ont été aménagés dans le cadre de ce projet : El Hafsia, El Faka, El Kotbia, Essraïria, El Blat, El Grana, El Laffa, La Kasbah, Souk rue de Jemaâ El Zitouna et Souk Enssa. 
Par ailleurs, une enveloppe de 3,7 millions de dinars a été dédiée à ce programme, dont les travaux sont réalisés par la municipalité de Tunis en collaboration avec plusieurs compagnies concessionnaires à l’instar de la STEG et de l’ONAS. Une approche participative a, donc, été adoptée pour entamer et faire avancer ces travaux dont la fin est prévue pour le mois de mars 2010.

Article de Sana Bouagila publié dans le journal La Presse

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nov 09 2009

CPA La Koubba du Belvédère à Tunis

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Intérieur de la Koubba du belvédère dans le parc du Belvédère à Tunis.

Carte postale ancienne des années 1910 colorée

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mar 02 2009

Kairouan se prépare pour le mouled

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Depuis l’époque Aghlabide et jusqu’à nos jours, Kairouan a toujours réservé un accueil exemplaire à la célébration de l’anniversaire de la naissance du Prophète. (…) Il va sans dire que cet événement  offre toujours aux familles l’occasion d’échanger des visites et aussi d’exceller dans l’art culinaire dont le maqroudh et l’assida constituent les principales composantes.
Outre les concours de lecture du Coran et de chants liturgiques, le ministère des Affaires religieuses organise depuis 1973 une conférence nationale à cette occasion.
Pour cette année, la ville abritera, les 4 et 5 mars, la 36e session de la conférence islamique autour du thème : «Rôle de Kairouan dans l’édification du rite malékite» et qui réunira un grand nombre de professeurs de théologie, d’imams, de jurisconsultes, de chercheurs et d’universitaires.
Un concours national de  psalmodie du Coran sera organisé par la même occasion, outre les chants liturgiques, les cérémonies pour la narration de la Sira du Prophète au mausolée Abou Zamaâ El Balaoui et la cérémonie officielle de la veille de Mouled à la Grande Mosquée.
En parallèle, plusieurs enfants issus de familles modestes seront circoncisés grâce à la contribution de différentes ONG et des bienfaiteurs de la région.
Et comme le Mouled coïncide cette année avec l’ouverture officielle, le 8 mars, de la manifestation «Kairouan, capitale de la culture islamique», un intérêt particulier a été accordé à la propreté, à l’embellissement et à la restauration de tous les lieux de culte.
En outre, les institutions patrimoniales ont été chargées par le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine de s’intéresser aux environs de la mosquée Okba qui constitue le monument emblématique de la ville. Les travaux entamés il y a six mois concernent le pavage en pierre traditionnelle des artères qui entourent la mosquée sur une superficie de 600 m2 pour une enveloppe de 60.000D.
Cela sans oublier l’éclairage de tous les monuments de Kairouan et de ses mosquées, moyennant une enveloppe de 400.000D.
A côté de cela, plusieurs commissions ont été constituées au sein du gouvernorat pour s’occuper comme il se doit des derniers préparatifs. Et des réunions présidées par le gouverneur de la région ont été organisées pour veiller à la bonne marche des différents travaux de sauvegarde et d’entretien….

Article de Fatma ZAGHOUANI paru dans la Presse le 2 mars 2009

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fév 15 2009

Visite au musée du Bardo …(2)

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La Salle de Virgile au musée du Bardo porte son nom par la présence de la célèbre et unique mosaïque représentant Virgile encadré de deux Muses, cette mosaïque est exposée dans l’abside centrale de cette impressionnante espace de forme octogonal ouvrant sur quatre absides. Cette salle déservait à l’origine les appartements privés du Bey. Ses murs sont recouverts de faïence émaillée et le plafons est revêtu de plâtre sculpté entièrement ciselé de motifs caractéristiques de l’art arabo-islamique. Le musée du Bardo est tout autant, à l’instar du Musée du Louvre, un palais à l’architecture exceptionnel et un musée à la collection exceptionnelle de mosaïques mais aussi d’objets antiques et arabo-islamique.

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fév 14 2009

Visite au musée du Bardo … (1)

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La grande salle des fêtes du palais du Bardo où sont exposées sur les murs et sols d’immenses pavements de mosaïques antiques et quelques reste de statues monumentales. La salle de Sousse présente ici plusieurs mosaïques majeures comme le Triomphe de Neptunes (au sol), celle du Signeur Julius, du Dieu Océan, du Domaine de Tabarka ou encore des jeux de cirque.

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fév 06 2009

Architecture de Sidi Bou Saïd

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Détail de l’architecture d’une maison contemporain respectant le style traditionnel de bleu et blanc du village de Sidi Bou Saïd en Tunisie

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déc 04 2008

Les signes et symboles des portes de medina

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Les règles domestiques et d’usage
Toute une série de signes et symboles sont disposés ou agencés de façon à respecter des us et coutumes locales. Imposées de façon consciente ou inconsciente, il s’agit de règles de vie à respecter pour un accueil chaleureux. La porte d’entrée est pleine de règles, que ce soit d’abord par sa hauteur, très basse, qui oblige l’invité à baisser la tête et ainsi marquer son respect pour les lieux et ses occupants, ou encore sur la qualité et la décoration de celle-ci, symbole de la richesse du propriétaire. En bois de palmier, courant et bon marché, pour les maisons modestes, ou en bois d’abricotier, plus rare et précieux, pour les maisons nobles.  Les portes comprennent aussi traditionnellement trois anneaux de fer différents, utilisés comme sonnettes et qui permettent, selon leurs tonalités émissent, de savoir qui est derrière la porte et qui peut ainsi aller l’accueillir. L’anneau de gauche est réservé au mari celui de droite aux étrangers, aux amis ou à la famille et enfin l’anneau le plus bas et à droite est destiné aux enfants.

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déc 03 2008

La medina de Tozeur by night (3)

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A la découverte du quartier des Ouled Haddef, la medina de Tozeur
Le centre moderne de la ville n’offre que peu d’intérêt, autre que les boutiques touristiques, une animation hétéroclite et dense, des touristes déguisés en sahariens croisent les locaux occupés par leurs tâches quotidiennes. Partez donc rapidement à la découverte du quartier historique ancien, la médina, à travers ses ruelles, passages voûtés et impasses. Entrez dans la médina par la rue de Kairouan depuis l’avenue Ibn Chabbat, après être passé sous le double porche, vous plongerez alors dans un univers étonnant où les murs en briques uniformes et disposées de façon rectiligne, rompus à certains endroits de symboles traditionnels, vous conduiront à travers les ruelles à la rencontre de ces femmes toutes vêtues de noir qui se pressent à leurs commissions. Etrange atmosphère que ces rencontres au détour d’une ruelle, ou de ces enfants jouant au cerceau ou aux billes dans le coin d’une place. Un lieu mystérieux où tout y est codifié et où il est bon de s’égarer toute une matinée pour une pleine découverte de cette vie traditionnelle. Rendez vous au petit musée des arts et  traditions populaire dans la rue de Kairouan où sont exposés et présentés les objets et activités des habitants du Djerid dans une ancienne demeure. Les maisons et palais de cette médina sont recouverte en façade de briques artisanales faites d’argile et de sable, assurant ainsi, en plus des murs épais, une excellente isolation thermique. La maison reste dans sa structure intérieure organisée selon une typologie arabe classique, très peu d’ouvertures en façade, une porte d’entrée étroite et basse, une entrée en chicane et une organisation des chambres et pièces autour d’un patio à ciel ouvert. En façade, les briques sont disposées de façon rectiligne et régulière rompues en certains endroits de motifs rappelant les branches de palmier ou ceux des tatouages traditionnels et géométriques des femmes. Nous vous convions à aller visiter la médersa Sidi Abdallah Bou Jemra ou médersa El Bey et la koubba Sidi Bou Saïd.

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déc 02 2008

La medina de Tozeur by night (2)

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déc 01 2008

La medina de Tozeur by night (1)

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oct 27 2008

Patrimoine : Nefta fera école

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Article de Tahar AYACHI publié ce jour dans le Vadrouille du journal La Presse

© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Entre Tozeur et Nefta, deux localités du Jérid située à une trentaine de kilomètres l’une de l’autre, il y a comme sourde rivalité, se considérant l’une et l’autre comme la capitale régionale. Il faut dire que chacune a de forts arguments qui plaident en sa faveur dans cette compétition.

Toutes deux plongent de profondes racines dans l’histoire au cours de laquelle elles ont été amenées à jouer, chacune à son tour, un rôle de premier rang à l’échelle régionale et même de tout le pays ; toutes deux ont été  foyers spirituels et culturels de premier plan, toujours à l’échelle régionale et même nationale, avec un avantage certain pour la première pour ce qui est de la production littéraire et scientifique, pour la seconde en ce qui concerne la spiritualité.
Sur le plan touristique, Tozeur peut se prévaloir de l’antériorité, ayant accueilli, aux débuts du siècle dernier, la première unité hôtelière moderne, un « Transatlantique » (eh oui !) de la chaîne PLM. Mais, à notre époque, c’est Nefta dont la réputation a franchi la frontière, en premier grâce à ses richesses naturelles et patrimoniales mais aussi grâce à cet hôtel de légende qu’était le Sahara Palace, qui attirait une clientèle haut de gamme de tous les horizons. Du coup, c’est Tozeur qui a pris le relais et connaît, depuis les années 90, un essor fulgurant qui, il faut bien le dire, a fini par porter son ombrage sur Nefta.
Parmi les succès le plus couramment cités du chef-lieu du Jérid : la réhabilitation du style architectural local par la restauration du quartier d’el Houadef et l’instauration de l’emploi au moins partiel des briques locales sur les façades des locaux nouvellement construits. A l’autre bout du Chott, on ne manque pas de brocarder le « façadisme » mis en œuvre à Tozeur, le jugeant artificiel et même quelque peu « disneylandesque », revendiquant pour « la ville aux mille coupoles » une authenticité indéniable mais qui, hélas !, est en train de partir en miettes. Ou doit-on dire « était » ? Car, depuis quelques années, une expérience sans précédent est menée dans un coin de la médina de Nefta par une unité de recherche et qui est appelée à faire école en matière de restauration et de réhabilitation du patrimoine architectural et urbain.

Baptisée « Projet d’étude, de sauvegarde et de valorisation des villes-oasis – Intervention pilote à Nefta », cette expérience est financée par la région italienne de Reggio Calabre  à hauteur de 2 millions d’euros (soit environ 3,2 millions de dinars) gérés par le ministère du Développement économique et de la Coopération internationale. Elle est menée conjointement par l’Ecole nationale d’architecture urbaine et l’Université méditerranéenne de Reggio.
A vrai dire, des chercheurs des deux parties avaient, depuis quelques décennies déjà, pris l’habitude d’organiser à Nefta des séjours d’études au profit de leurs étudiants en architecture. Au fil des ans et des études, ces dernières ont mis en valeur les grandes richesses architecturales de la ville mais aussi leur dégradation constante et, surtout, disent les chercheurs, « la perte de l’équilibre fragile entre la ville et son environnement et la non-transmission du savoir-faire local en matière d’architecture spécifique ». Ce phénomène s’est considérablement accentué au lendemain des inondations catastrophiques de 1990 qui ont infligé des dommages considérables au bâti traditionnel en grande partie composé de matériaux friables. Et cette épreuve a fait perdre confiance aux gens en la fiabilité des techniques et matériaux traditionnels de construction. Constat alarmant qui, en l’occurrence, prend la forme d’une  interpellation, d’un S.O.S. On a beau s’abriter derrière le détachement du scientifique, on n’en est pas moins concerné par la pérennité de la matière qu’on manipule et sa perte constituerait une sorte d’échec personnel car cela pose la question de la finalité de la recherche, s’agissant d’un domaine éminemment lié à l’identité mais aussi au devenir d’un patrimoine à dimension économique, son exploitation dans le domaine touristique pouvant être d’un apport décisif dans une communauté  aux ressources  matérielles limitées.
Ce constat a servi de base à une réflexion orientée vers une intervention qui constituerait une sorte d’aboutissement à des années d’études théoriques. Et cette intervention pourrait prendre la forme d’une action de restauration et de « recyclage » d’un local menée par des étudiants en architecture et qui servirait à former des spécialistes en matière de restauration du bâti traditionnel dans la région. D’où le projet de Nefta. Ses promoteurs nous disent à ce sujet qu’il présente deux composantes fondamentales : la première est la réalisation d’un centre de formation et de recherche à installer dans une demeure traditionnelle louée pour 20 ans et restaurée pour l’occasion par le projet ; la deuxième est une formation à trois niveaux :une formation post-universitaire constituée par un master professionnel prenant comme objet d’études la médina de Nefta et son environnement oasien, notamment la fameuse « Corbeille », une formation de techniciens supérieurs en technique de gestion des « villes-oasis » et une formation d’artisans dans le savoir-faire traditionnel de la construction et de la production de matériaux dispensées par des maîtres artisans traditionnels.
Cette formation s’est adressée à 16 architectes tunisiens durant une période de deux années universitaires dont une passée à Nefta suivie de 5 mois de stage en Italie et d’un dernier semestre à Nefta pour préparer un mémoire de master que 10 d’entre eux ont obtenu. Les techniciens supérieurs, pour leur part, ont bénéficié pour leur part et par groupes de 20 de trois stages consacrés, le premier au relevé et au diagnostic de la maison traditionnelle servant comme chantier-école de restauration, le second à l’environnement et au paysage des villes -oasis et le troisième à la technologie des matériaux et la création d’entreprises. Troisième catégorie à bénéficier de cette formation : les jeunes artisans. 60 d’entre eux ont été encadrés par des maîtres artisans ; qui leur ont transmis leur savoir-faire au cours de sessions trimestrielles en techniques de construction et de fabrication de matériaux locaux  (briques et boiseries à base de troncs de palmier).

Cette formation, dotée de bourses substantielles, a démarré en 2005 et s’est prolongée jusqu’à cet été.
Outre les compétences formées et dont bon nombre d’entre elles sont déjà mises à profit par des opérateurs du secteur, à Nefta et ailleurs et dont d’autres se sont installés à leur compte, les premières retombées de cette opération concerne l’entière restauration d’une demeure patricienne de 900 m2 — Dar el Ouadi — ainsi que l’utilisation de ce local comme centre de recherches, et la restauration en cours de son annexe. Mais, aussi, nous apprennent les promoteurs tunisiens de cette initiative, Mme Najet Hédhili-Boubaker, directrice de l’Enau et M. Fakher Kharrat, architecte chef du projet, « le chantier a commencé à avoir des effets induits sur l’ancienne médina de Nefta. En effet, on constate un regain d’intérêt des autorités locales, un réveil de l’Association de sauvegarde de la médina  et, surtout, un retour des habitants à cette médina où des chantiers de restauration utilisant les procédés traditionnels  commencent à voir le jour ».
Mais qu’en sera-il, dès le 1er janvier 2009 ? La veille, l’accord tuniso-italien aura pris fin. « La responsabilité des deux universités est devenue grande pour assurer la transition de ce projet pilote vers une forme institutionnelle appropriée d’exploitation du produit de recherche et le potentiel formé dans le développement régional. Il aura encore besoin de l’appui de la coopération italienne au développement en Tunisie ».

Merci à Tahar AYACHI pour son article publié ce jour dans le Vadrouille du journal La Presse

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oct 12 2008

La cuisine tunisoise: une longue histoire de palais

Véritable carrefour, la Tunisie a accueilli, au fil des époques, des communautés venues d’ailleurs, qui se sont installées sur la rive sud de la Méditerranée et qui ont marqué de leur empreinte le patrimoine culinaire, exaltant par les épices et les ingrédients qu’elles ont introduits la saveur des plats locaux.

Préparation d'un couscous dans les cuisines du restaurant Dar El Djeld à Tunis - Tunisie

© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

C’est la cuisine tunisoise (baldi) qui a véritablement tiré profit des différentes influences qui se sont succédées et qui ont su contribuer à l’invention de plats raffinés et succulents. Dans l’Antiquité et à l’époque berbère, la région de Tunis subit tout d’abord la même influence que les autres villes. On y consomme des plats à base de semoule de blé à l’instar de la mhamsa, de la kesra, du borghol ou du bazine, une semoule de blé, qui en langue berbère signifie cercle et qui est cuite dans de l’eau et ensuite présentée avec de l’huile, du miel et de la viande. Le couscous va également faire son introduction dans les familles tunisoises pour devenir incontournable lors de la célébration des événements familiaux et religieux ainsi que des fêtes qui ponctuent l’année. On l’apprête de diverses façons, soit salé, agrémenté de viande et de légumes ou sucré (mesfouf), mélangé avec des morceaux de dattes dénoyautées, des grains de raisins secs et imbibé de zhar ou d’eau de rose.

La semoule de blé issue de l’héritage berbère est également présente dans le thrid, une soupe très appréciée des citadins. Sur la table tunisoise, les plats de verdure, héritage de l’antiquité gréco-latine, vont faire, par ailleurs, leur apparition. Un des plats les plus connus est la markat ou la tbîkhet khodhra. Ce ragoût est préparé à base d’épinards, de blettes, de persil, de feuilles de bourrache, de pois chiches, de fèves et de navets. Le tout est macéré dans l’huile. De l’eau est, ensuite, rajoutée pour lier la sauce. La chakchoukat sfennariya est également très consommée dans toutes les classes de la société. Ce plat est préparé de la manière suivante: de l’huile ordinaire ou de l’huile de qaddid est chauffée dans une poêle ou marmite. Des carottes sont ensuite coupées en rondelles puis chauffées dans l’huile avec des oignons coupés finement. De l’eau à laquelle on rajoutera, à partir du XVIIe siècle, de la sauce tomate, est ensuite versée sur ce mélange. Dès que les carottes sont cuites et que la sauce est devenue onctueuse, des œufs sont rajoutés au ragoût et cela selon le goût des consommateurs.

La cuisine tunisoise va s’enrichir, par la suite, de plusieurs plats. On héritera de la m’halbiya, un plat sucré à base de riz cuit dans de l’eau et arrosé de zhar ou d’eau de fleur de géranium qui tire son nom d’une famille arabe dont le chef Beni Mouhalab a été le gouverneur de l’Ifriqiya au cours du VIIIe siècle, explique M. Abdessatar Amamou, historien. Tunis va dans les siècles qui vont suivre devenir le centre du pouvoir politique et religieux. L’aisance économique qui caractérise les familles va permettre l’émergence d’une cuisine raffinée qui va puiser dans de multiples origines andalouse, orientale, occidentale…On héritera des réfugiés andalous qui se sont installés sur nos terres de la mrouzia, un plat à base de marrons marinés dans du vinaigre et de l’huile, de la harissa hloua et des fameux banadhej. Sous l’empire ottoman, de délicieuses pâtisseries traditionnelles vont être préparées à base de pâte de fruits secs et de sucre, à l’instar des baklava, des kaâks, des kaâbar, des samsa… pour venir agrémenter les longues soirées d’hiver et qui vont être servies avec du café turc et du thé chaud. Le patrimoine culinaire tunisois va davantage s’enrichir avec l’apport du savoir-faire culinaire des minorités européennes migrantes (communauté juive, communauté italienne,…) qui vont élire domicile sur nos rives au début du XXe siècle. Cet héritage va comprendre toutes les préparations farcies, à l’instar du foundouk ghala, des felfel mahchi, des twajen, des mbatten…Ces plats existaient déjà mais vont être apprêtés de diverses façons et hériter même pour certains de nouveaux noms. Avec l’une de ces communautés, on découvrira la bkayla communément appelée madfouna, un ragoût à base de blettes, ainsi que les fameux plats salés-sucrés mechmech. La communauté italienne nous fera découvrir la sauce tomate et les fameuses pâtes à la sauce italienne (canneloni, ravioli…) ainsi que la ricotta qui sera par la suite utilisée dans plusieurs plats. Nous avons, certes, hérité d’un patrimoine culinaire riche qui retrace à lui seul l’histoire de la Tunisie, marquée par les diverses influences d’ailleurs. Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui? Certains plats ont déjà disparu, à l’instar du torchmane, une soupe purement tunisoise à base de pâtes farcies et de légumes. Un retour à la cuisine de nos grand-mères est vraiment souhaité afin de préserver ce magnifique patrimoine.

Article de Imen HAOUARI publié dans « La Presse »

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oct 10 2008

La Ghriba du Kef

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La synagogue du Kef était l’objet d’une grande vénération, non seulement par les Juifs de la ville, mais aussi par tous ceux de la région qui s’y rendaient en pèlerinage chaque année dans la semaine marquée par la fête de Soukkot, ou fête des Cabanes.

Intérieur de la synagogue du Kef - La Ghriba du Kef en Tunisie

© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Comme la célèbre synagogue de Hara el-Seghira dans l’île de Djerba, cette synagogue était appelée al-Ghriba qui veut dire « isoléee, « solitaire », « abandonnée », mais aussi « étrange », « extraordinaire », « merveilleuse ». On ne connait pas l’origine de cette appellation, et l’on ne sait pas pour quelle raison ce lieu de culte est devenu l’objet d’une vénération particulière. Selon les Juifs du Kef, leur synagogue devrait sa sainteté au fait qu’elle aurait été élevée au-dessus de la tombe d’une femme d’une vertu et d’une piété exemplaires (d’après des renseignements recueillis auprès de Mme Suzette Chemama). Pour le savant Nahum Slouschz, la synagogue du Kef devrait sa sainteté au fait qu’elle était à l’origine située non loin du cimetière où les Juifs nomades de la région venaient enterrer leurs morts (N. Slouschz, Un voyage d’études…, pp. 20-21). La légende, quant à elle, raconte l’histoire de trois orphelines qui se seraient séparées et auraient fondé les trois Ghriba : Bône (Annaba) en Algérie, le Kef et Djerba. On dénombre deux autres Ghriba en Tunisie : A l’Ariana, Ghribet Riana et à Tunis, Ghribet El Hafsia dite « Lem Mdafa ».On a pour coutume d’y pratiquer une « Séouda » ou pèlerinage annuel. Au Kef, cette Séouda se réalisait entre les fêtes de la Pâque juive dite « Aïd El Ftira » et Chavouot. Elle durait jusqu’à trois ou quatre jours. On y apportait un veau que l’on promenait en ville, orné de foulards ou de mouchoirs et de colliers divers. Il était ensuite tué et on offrait l’arrière de la bête aux notables. On préparait un couscous géant mijoté au feu de bois pour toute la communauté et les amis. Les fidèles faisaient des dons de viande et de semoule pour subvenir aux frais de la fête et la nourriture était distribuée gratuitement.
Tout cela s’est éteint dans les années 80 avec le départ progressif des Juifs keffois. Le dernier Juif keffois quitta la ville en 1984, en remettant les clés de la synagogue à l’ASM (Association de Sauvegarde de la Medina). Celle-ci sera restaurée dix ans plus tard par les autorités tunisiennes et ouverte au public le 13 Avril 1994.

Texte extrait du site sur Le Kef

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oct 08 2008

Site archéologique de Makthar

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Sitre archéologique de Makthar en Tunisie

© Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Le site archéologique de Mactaris jouxte la ville de Makthar qui en est, en quelque sorte, une excroissance tardive, d’époque coloniale, comme en témoignent quelques bâtisses (à l’exemple du siège de la délégation) ou demeures aux toits inclinés recouverts de tuiles rouges.

Mactaris est la transposition latine du toponyme initial : Mktrm, qui témoigne des origines lybiques de la cité, comme en atteste d’ailleurs le grand nombre de monuments funéraires remontant à cette civilisation et qui sont insérés dans le site. C’est à peu près tout ce qui subsiste de cette époque Ier comme legs « monumental ».

La fondation de la ville elle-même semble remonter au Ie siècle avant J-C., avec l’installation de colons puniques ou numides punicisés qui répandirent dans la région la religion, la culture et les arts de Carthage, et cela de manière durable. Cette ville a subsisté même après l’arrivée des Romains, au tout début du Ier siècle. C’est, cependant, à l’époque romaine que se rattache l’essentiel d’un patrimoine archéologique considéré comme l’un des plus riches et des plus beaux de Tunisie. La ville connut son apogée aux IIe et IIIe siècles. Son déclin intervint dès le IVe siècle et se précipita avec les invasions vandale et byzantine. La fondation de la ville elle-même semble remonter au Ie siècle avant J-C., avec l’installation de colons puniques ou numides punicisés qui répandirent dans la région la religion, la culture et les arts de Carthage, et cela de manière durable. Cette ville a subsisté même après l’arrivée des Romains, au tout début du Ier siècle. C’est, cependant, à l’époque romaine que se rattache l’essentiel d’un patrimoine archéologique considéré comme l’un des plus riches et des plus beaux de Tunisie. La ville connut son apogée aux IIe et IIIe siècles. Son déclin intervint dès le IVe siècle et se précipita avec les invasions vandale et byzantine.
Une porte monumentale, qui campe aujourd’hui à l’entrée de la ville moderne, accueille le visiteur. De l’autre côté de la route, le site à proprement parler est ceint par une clôture. Derrière, tous les monuments qui composent une ville romaine, pour la plupart dans un bel état de conservation : amphithéâtre, thermes (4, en tout), forum couronné par un imposant arc de triomphe dédié à Trajan, temples, basiliques, cryptes, mausolées et même… perception d’impôts romaine!

Texte extrait du site de L’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle (AMVPPC)

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août 26 2008

La gorgone au front ailé de Sousse

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 mosaïque de la gorgone au front ailé, datant du II s ap JC, et exposé au musée archéologique de Sousse en Tunisie

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Exceptionnel pavement de mosaïque de la gorgone au front ailé, datant du II s ap JC, et exposé au musée archéologique de Sousse.

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août 24 2008

Le sanctuaire de la Mokhola à Dougga

Fatma et Cherifa ecrivant au henné leur noms sur la paroi du sanctuaire de la mOkhola à Dougga en Tunisie

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Le sanctuaire de la Mokhola est un lieu saint situé dans les citernes romaines d’Aïn El Hammam sur le site archéologique romain de Dougga. Le lieu est encore vénéré par les habitants de la région qui viennent y prier et chaque année faire des sacrifices. La paroi intérieure de la citerne, située à l’entrée du couloir de canalisation, est couverte de chaux et d’écriture au henné. Dans la grotte sombre les habitants viennent tout au long de l’année faire des offrandes et des voeux.

Fatma fait un voeu à l’entrée du sanctuaire de la Mokhola à Dougga en Tunisie

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août 03 2008

On the road … Monastir

Rue devant le ribat de monastir en Tunisie

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